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Les 5 langages de l’appréciation pour doper la motivation des employés en TPE.

Les « 5 langages de l’appréciation » sont l’équivalent professionnel des « 5 langages de l’amour ». Si vous vous êtes déjà demandé comment améliorer votre relation de couple, vous avez peut être entendu parlé. L’ouvrage de Gary Chapman est un best-seller, il a aidé des milliers de couples.
Sa méthode fait aussi merveille dans les relations avec ses enfants, ses proches …

Les problèmes de relation, nous en avons aussi dans nos entreprises. Les études pointent d’ailleurs du doigt un déficit affectif grandissant qui conduirait à une augmentation du niveau de désengagement et à une baisse de la productivité.
Heureusement, Gary Chapman et Paul White se sont eux aussi intéréssé à ce problème et nous ont livré leurs techniques.

Les 5 langages de l'appréciation en entreprise

Les 5 langages de l’amour

Revenons tout d’abord rapidement aux 5 langages de l’amour, pour ceux qui n’auraient pas lu livre.
Gary Chapman est un pasteur spécialisé dans le conseil conjugal. Il a pu observer que les façons de donner et recevoir au sein d’un couple étaient de différentes natures. Ce sont ces multiples façons de dire « je t’aime» qui composent les langages de l’amour.

Nous apprécions tous ces langages. Mais seul l’un d’eux peut remplir notre réservoir d’amour et nous sécuriser affectivement. C’est notre langage de prédilection.
Chacun de nous utilise un voire deux langages de prédilection. Malheureusement, ce ne sont pas forcément les mêmes que notre partenaire. Ce qui arrive alors, c’est que la communication passe mal. Nous ne nous sentons pas compris, et pas aimé comme il faudrait, malgré les efforts de notre partenaire. Il en va de même pour lui, d’ailleurs. C’est l’une des causes fréquente de séparation des couples.

Gary Chapman a identifié 5 langages.

Le toucher

C’est celui qui nous vient le plus facilement à l’esprit. Pourtant ce langage ne concerne pas uniquement la chambre à coucher. Sans surprise, c’est celui des personnes tactiles. Câlins, accolades, mains entrelacées, caresses sur le visage… La présence physique et la disponibilité sont cruciales. La négligence est difficile à supporter, voire impardonnable.

Les paroles valorisantes

Les actions ne parlent pas toujours plus fort que les mots. Certaines personnes ont besoin d’entendre des compliments (non sollicités). « Je t’aime » est important, mais les raisons de cet amour le sont encore plus encore. C’est ainsi qu’elles se sentent vraiment aimées. Les insultes peuvent les bouleverser et ne sont pas facilement oubliées. Des mots gentils, encourageants et positifs illuminent leur journée.

Les services rendus

Passer l’aspirateur serait une véritable expression d’amour ? Tout à fait ! Pour ceux qui sont sensibles à ce langage, tout ce qui est fait pour alléger leur fardeau est une réelle preuve d’amour. Les mots qu’ils souhaitent entendre : « Laisse-moi faire ça pour toi ». Ne pas tenir ses engagements envers eux, leur donner plus de travail, c’est négliger leurs sentiments.

Les moments de qualité

Pour d’autres enfin, rien ne dit « Je t’aime » comme des moments passés ensemble, sous réserve de leur accorder pleinement son attention. Être là certes, mais être vraiment là : pas de télévision ni de téléphone… Les distractions, les rendez-vous ajournés ou le manque d’écoute peuvent être particulièrement blessants. Ce qu’ils demandent, c’est de partager une conversation de qualité, des activités de qualité, de connexion totale.

Les cadeaux

Attention, on ne parle pas de matérialisme, mais de l’amour, de la prévenance et de l’effort qui se cachent derrière le cadeau. Pour celles et ceux qui parlent ce « langage », le cadeau ou le geste délicat est preuve d’amour, d’attention. Il montre qu’ils sont appréciés, choyés. En revanche, un anniversaire oublié ou un cadeau acheté dans la précipitation sont désastreux, tout comme l’absence de petites attentions quotidiennes. Les cadeaux sont des représentations visuelles de l’amour ; ils sont très précieux.

Est-ce que ça marche ?

Le conseil conjugal n’est pas vraiment notre force sur performance-tpe.fr, nous manquons un peu de recul.
Autour de nous, certains ont testé . Ils sont ravis… Dans ma famille, nous avons bien aimé l’exercice, sans que cela constitue une révolution.
En tout cas, ça vaut le coup de s’y intéresser : les entrepreneurs aussi ont le droits à un couple heureux et une famille soudée.

Le point qui est intéressant ici, c’est de s’apercevoir que nous ne sommes pas tous sensibles aux mêmes attentions.
Et nous le retrouvons dans nos entreprises.

 

Comment appliquer les 5 langages de l’appréciation  en entreprise ?

Selon Gary Chapman et le Dr White, le concept est transposable en entreprise… On parlera alors des 5 langages de l’appréciation. Le terme « amour » n’est pas politiquement correct en entreprise – encore moins ces temps-ci.

Montrer son appréciation à ses salariés : Mission impossible ?

Chapman et White partent d’une observation que vous avez peut-être faite vous aussi. Lorsque nous offrons des cadeaux à nos salariés, certains sont ravis, alors que d’autres restent de marbre ou sont embarrassés. Certains vont adorer prendre une pause café pour échanger en tête-à-tête avec nous, quand d’autres vont fuir ce moment. Bref, il est difficile de trouver une recette qui marche à tous les coups.

Cette problématique semble générale. Les études de l’USC, OC Tanner ou Kronos montrent que près de 50 % des employés se sentent sous-estimés au travail. Cela entraîne moins d’engagement, plus de départs, moins de productivité … La rentabilité des entreprises peut chuter jusqu’à 22% si des équipes se sentent peu appréciées.

Pourtant nous nous donnons déjà du mal pour motiver et fidéliser nos employés, avec nos moyens de TPE.
Voici quelques pistes données par le Dr White et Gary Chapman pour utiliser les 5 langages de l’appréciation en entreprise.

Utiliser les 5 langages de l’appréciation dans sa TPE

Reprenons dans l’ordre :

1er langage : le toucher

A priori, faire un gros câlin à nos employés n’est pas indiqué. Notre poste de dirigeant nous oblige à mettre un peu plus de distance dans nos rapports. Heureusement, le langage qui se retrouve le moins souvent sur les lieux professionnel – il concerne moins d’1% des personnes. Certains gestes sont toutefois suffisamment respectueux pour pouvoir être appropriés à l’entreprise. Parmi eux, les poignées de mains, une tape sur l’épaule ou dans le dos, ou un «check » sont tout à fait indiqués.

Vous l’avez deviné, le toucher n’est pas vraiment le canal principal sur un lieu de travail.

2e langage : les paroles valorisantes

Nous avons beaucoup plus d’opportunités avec ce langage-là : féliciter, souligner un comportement, remercier un salarié de son implication. Ici encore, nous devons rester professionnels et respectueux. Si les remarques sur la qualité du travail sont toujours les bienvenues, celles sur l’apparence doivent être pesées et mesurées, au risque de nous desservir…

Les paroles valorisantes sont le langage préféré de 46% des employés. C’est une part importante, même si, du coup, 54% préfèrent les autres langages.
Il semble qu’un message écrit soit préférable. Est-ce parce que, comme le dit l’adage, les écrits restent ? Peut-être bien car certains salariés les conservent pour se remonter le moral dans les moments difficiles.
Selon les tempéraments, certains préféreront être félicités en public, d’autres en privé. Le mieux est de leur demander ce qu’ils souhaitent.

Plus le message sera précis, plus son impact sera grand. En partageant spécifiquement ce que nous apprécions, nous montrons que notre intérêt pour eux et réel.

3e langage : les services rendus

Dans l’idée, si nous avons des salariés, c’est pour qu’ils nous rendent service… pas nécessairement l’inverse. En fait, il s’agit surtout d’alléger leur charge. Les auteurs donnent quelques conseils :

  • S’assurer d’abord que notre propre travail est fait.
    Nous sommes alors certains d’être disponibles. Ce conseil s’applique particulièrement bien aux TPE, car les dirigeants connaissent parfaitement chacun des métiers de l’entreprise. Il n’est pas rare que le travail de « production » leur manque et qu’ils aient forte une envie : remettre les mains dedans. Le risque serait d’utiliser ce « langage » comme une échappatoire à nos responsabilités de dirigeant et de manager…

  • Aller jusqu’au bout.
    Aider à moitié, c’est pire que de ne pas aider du tout. Pour ceux d’entre nous qui (comme moi) préfèrent commencer que finir, ça risque d’être compliqué.

  • Ne pas reprendre ce qu’ils ont déjà fait.
    Nous aimerions parfois vraiment que le travail soit effectué à notre manière, quitte à faire tout reprendre du début. Mais l’idée ici n’est pas de demander de tout refaire.
    Nous devons donc nous méfier. Nous donnons un coup de main, pas des conseils. C’est difficile quand on a déjà de l’expérience dans le domaine.

  • Demander avant d’aider
    « Tu as été d’une grande aide pour ton équipe dernièrement, je voulais te remercier en t’aidant à mon tour. Il y a-t-il une tâche sur laquelle je pourrai t’aider ? ». Cela permet de s’assurer que notre employé souhaite effectivement de l’aide et de savoir sur quoi, exactement, il veut nous voir intervenir.

4e langage : les moments de qualité

Nous rappelons qu’il s’agit de donner du temps et de l’attention, sans interruption téléphonique ou autre, sans écran ni notification. Cela peut être un déjeuner, des conversations de qualité, garder sa porte ouverte pour les moments difficiles. Les entretiens « tête-à-tête » entrent évidemment dans cette catégorie. Heureusement, car c’est le second langage préféré de nos équipes (la première pour les équipes en télétravail et plutôt en visio).

On peut aussi envisager des sorties, team building, compétitions sportives… avec, comme principal critère, la qualité du moment passé ensemble. Chose intéressante, ces événements pourront former des briques de la culture d’entreprise. Il est inutile de faire un peu de tout. Notre conseil serait de ne faire que ce qui résonne avec les valeurs, la vision, la « saveur » de votre entreprise. Des ateliers de cuisine ou d’œnologie seront parfaits pour des épicuriens. Des randonnées ou du parapente feront le bonheur des amateurs de nature. Les sportifs préféreront des sessions de crossfit ou participer à des courses en équipes… Les idées ne manquent pas pour démarquer votre entreprise.

5e langage : les cadeaux

Il ne s’agit pas ici de primes ou d’augmentation, qui doivent être régies par d’autres règles pour assurer l’équité des traitements. Nous parlons plutôt de petites attentions. La nourriture marche très bien. Se souvenir de comment la personne aime son café aussi. Leur intérêt n’est pas dans leur valeur, qui est généralement très faible. Il est dans l’attention particulière qui reflètent.


Montrer son appréciation renforce-t-il les relations avec ses employés ?

Avantages des 5 langages de l’appréciation

Pour faire simple : ça marche !

La méthode des 5 langages de l’appréciation est parfaitement adaptée pour la plupart des situations de management. Elle offre une grille de lecture générale, dans laquelle chaque membre de l’équipe peut trouver son compte.
Un autre avantage de cette approche est qu’elle nous rappelle que nous gérons des individus. À ce titre, chacun mérite une attention personnalisée.

Les langages de l’appréciation sont donc une bonne base pour ajuster les « marques d’intérêt personnel » que nous portons aux salariés. Ces attentions favorisent grandement la fidélisation des nos salariés — ou, dit plus prosaïquement, leur rétention :

  • nous créons un lien affectif fort entre les salariés et nous-mêmes, donc avec l’entreprise. Cela développe la loyauté vis-à-vis de l’entreprise.
  • nous promouvons la culture d’entreprise grâce au choix des cadeaux et des moments partagés

Par ailleurs, avoir des salariés plus engagés, plus motivés et plus productifs, participe aussi à notre satisfaction de dirigeant. C’est la cerise sur le gâteau.

Les limites des 5 langages de l’appréciation

Il nous semble important de souligner deux points d’attention.

Premièrement, actionner ces 5 langages n’est pas toujours facile. D’une part parce que nous sommes souvent plus à l’aise avec un langage, et donc moins avec les autres. D’autre part, parce que nous devons toujours nous assurer de rester dans notre posture de dirigeant. Trouver la juste distance demande un peu de pratique.

Le second point est que l’on risque de s’arrêter à ces 5 langages avec le sentiment de mission accomplie. Pourtant, les salariés attendent plus de leur dirigeant : développement des compétences, ajustement des rémunérations ou des modalités de travail, évolution ou changement de poste. Les marques d’intérêt personnel sont plébiscitées et jouent un rôle important. Mais nous devons garder à l’esprit que notre rôle va au-delà.

Conclusion

Cette méthode apporte une touche d’humanité supplémentaire au système managérial. Les marques d’attention comptent beaucoup pour les salariés et l’approche par les 5 langages offre une grille de lecture intéressante. Nous pouvons grâce à elle personnaliser notre relation et valoriser au mieux chaque membre de notre équipe.

Pour performance-tpe.fr, les 5 langages de l’appréciation sont un outil à ajouter sans faute dans la mallette du dirigeant. L’investissement pour les mettre en place est faible, il existe de nombreuses occasions de dire “merci” sur le lieu de travail. Le retour sur investissement, en revanche, est remarquable : les études montrent une augmentation de 18% de la productivité chez les employés qui se sentent appréciés au travail.

Pour aller plus loin

  • L’étude de l’Institut Sapiens sur l’absentéisme.
    L’absentéisme aura coûté plus de 100 milliards en 2017 et pour les 2/3 sont directement liés à un mauvais management de proximité.

  • Le livre des « 5 langages de l’amour » de Gary Chapman se trouve dans votre librairie préférée, à la Fnac et sur Amazon. Youtube regorge aussi de vidéos sur le sujet.

  • Les « 5 langages de l’appréciation », de Chapman et White, sont souvent plus difficiles à trouver. Mais vous pourrez en trouver d’occasion (les codes pour passer le test auront été utilisés) à la Fnac et sur Amazon.

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